L'éclairée-créative

29 février 2012

La peur

 peur

Bonjour,

Il est des grâces dans la vie qui vous arrive comme un coup de massue. La première réaction est un abattement total, l’impression que tout s’écroule et se dérobe sous vos pieds ; puis vient la phase de refus et de négation et enfin la résignation et son cortège de peurs …

« Ce qui nous fait peur, c’est l’idée que nous nous faisons des choses, bien plus que la perception que nous en avons » Boris Cyrulnik

Dans mon cas, le coup de massue a été la prise de conscience que le bureau familial dans lequel je travaillais depuis un peu moins de 30 ans subissait un tel ralentissement qu’il allait falloir prendre des décisions drastiques. Parmi celles-ci : le licenciement. Le premier choc passé, on veut croire qu’il va y avoir un échappatoire, qu’un client providentiel va nous donner LA commande de la mort qui tue et qui va tout sauver (Est-ce que les personnes présentes sur le Titanic ont eu ce moment de refus de la situation ? et en quoi ce laps de temps pénalise ou aide celui qui la vit ?). Le problème est qu’à ce moment-là vous êtes emportés dans des tourbillons de contradiction : la négation de l’issue fatale proche ; une voix à l’intérieur qui vous crie « fais quelque choooooooose » « Nooooooooooooooon, tout sauf ça »… Etc. Et du coup, vous êtes mal, très mal et vous gambergez : beaucoup. Le moindre de ces fantasmes malsains n’est pas la vision de vous sous un pont, solitaire : sans maison, sans famille, sans amis, abandonnée, pauvre, sans doute malade… C’est que voyez-vous le mental, que j’ai longtemps qualifié de petit con et qui a longtemps été mon ennemi, semble là pour veiller au grain : dans toutes les situations possibles, et il semble très doué pour distiller ses idées d’une manière assez logique et de manière continue, il va aller dans votre sens puisqu’il s’agit d’un traumatisme.

La peur est une émotion (peur de perdre un proche, peur de la mort etc.) et aussi un instinct de survie (fuir un prédateur, fuir une catastrophe etc.) ressentie généralement en présence ou dans la perspective d'une menace. La peur est un mécanisme de survie primaire en réponse à un stimulus spécifique, tel que la douleur ou un danger. En bref, la peur est la capacité de reconnaître le danger et de le fuir ou de le combattre, également connue sous le terme « réponse combat-fuite ». Certains psychologues tels que John B. Watson, Robert Plutchik et Paul Ekman ont suggéré que la peur était créée par un flux d'émotions incluant la joie, la tristesse et la colère. Wikipedia

Cependant il va y aller doucement, à votre rythme ; il va d’abord vous accompagner dans le refus, puis vous illustrer vos peurs. Mais ce n’est qu’ainsi qu’on se « purge » en quelque sorte de ses propres démons. Une fois que cette phase est terminée, place est faite pour la reconstruction et une nouvelle réalité à laquelle il nous faut bien nous atteler.

SAUF QUE …

Sauf qu'il nous arrive d’en rester au stade de la peur, alors tout se dérègle : les rapports avec autrui : peur contre peur. La façon d’appréhender les événements ; la moindre contrariété vécue comme une attaque personnelle et plombant un peu plus l’image intérieur de raté que l’on a de soi. Et à partir de là : rien n’est possible : pas d’apaisement. Pas de reconstruction. Pas de nouvel horizon. Nous restons au fond d’une cave noire et chaque frôlement, chaque bruit entendu est comme une agression amplifiant notre traumatisme.

Tout cela pour dire que après avoir suivi le processus logique : abattement total, impression que tout s’écroule et se dérobe ; phase de refus et de négation puis résignation et ses peurs, me voilà arriver à l’acceptation et à la reconstruction. Et finalement, je trouve que ce qui m’arrive est une grâce : je ne suis pas [encore] sous les ponts :o)), je m’apprête, à 52 ans, à faire le bilan de ma vie professionnelle, voire à réussir sans doute une reconversion ? Et tout cela est possible car à un moment donné, je me suis détournée de mes peurs, je les ai apprivoisées, j’ai creusé profond pour savoir quelle était leurs racines. Et lorsque j’ai un interlocuteur dont je sens les peurs très présentes : cela m’atteint forcément, empathe que je suis, mais au final je travaille à tout faire glisser car ma place est plus agréable que la sienne. J'aimerais arriver un jour à lui envoyer des pensées douces et à opposer une calme assurance à son bombardement de peurs souvent irraisonnées.

A bientôt
L’éclairée-créative

Posté par reveusedebijoux à 11:10 - Pourquoi ? - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

    C'est exactement cela!

    Je partage complètement et suis certaine que tu en sortiras grandie malgré un futur parcours semé d'entraves... Trouver du boulot et un travail à part entière! Bon courage ma Douce!
    Gros bisous

    Posté par Annick, 29 février 2012 à 13:11

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